LA  LEGION ETRANGÈRE DE 1831 À NOS JOURS ...

l'HISTOIRE DE CAMERONE

LA BATAILLE

La bataille de Camerone, vécue par le 3 ème régiment de la Légion étrangère, racontée dans les moindres détails !

Faire "Camerone" prend tout son sens aujourd'hui ...

Aller jusqu'au bout quoi qu'il advienne ! !

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Le Serment 

A cinq heures du matin, les légionnaires  passent devant un petit hameau du nom de Cameron, poursuivant leur route jusque Palo Verde où tous s'arrêtent, et se préparent à faire chauffer du café, les légionnaires sont en poste et après la ration de café se mettent à inspecter les alentours. Les sentinelles en faction aperçoivent les cavaliers de Don Hilario Psario, d'autres de Cotaxla, les mêmes qui depuis le départ de la 3ème Cie , la suivait...

Trop tard pour le café, le capitaine Danjou comprend qu'en rase campagne il ne tiendra pas longtemps, avec ses hommes, aussitôt il donne l'ordre de rejoindre le petit hameau traversé il y a peu ...Cameron ! 

Une ancienne hacienda en ruine ! En se collant aux murs, aucune chance pour qu'un cavalier puisse les franchir, cette idée de se réfugier et de répondre aux attaques, est beaucoup plus probante, que se battre sur un terrain nu, où l'ennemi peut attaquer de toutes parts. 

 

Pour le colonel Milan, c'est d'un mauvais oeil, qu'il perçoit que les légionnaires voient l'importante disposition de l'embuscade préparée, c'est la  raison pour laquelle, personne ne doit sortir indemne des attaques qu'il lancera. Il ne faut surtout rien divulguer à l'armée de Juarez ! Empêcher coûte que coûte, la colonne  de prendre position dans ces bâtiments proches  de Cameron ... 

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Milan ordonne donc une attaque, à laquelle le capitaine Danjou  et ses hommes répondront, formant un carré à une soixantaine de mètres des cavaliers ! Cette tactique, contre une charge est celle adoptée entre fantassins et cavalerie à cheval ! Le colonel Milan, très vite le comprend...mais un peu tardivement, ce qui laisse le temps à la colonne de hâter le pas !

 

Une seconde attaque... une seconde formation en carré et les légionnaires vont riposter. 

Les 65 hommes, après avoir essuyé une nouvelle salve,  foncent baïonnettes au canon sur les cavaliers mexicains en criant "Vive l'Empereur" !

L'instant de surprise provoquée permet le repli dans une bâtisse non loin de la route...

Quatre murs , un toit , la providence ! au toit rouge ! Ce bâtiment n'est pas en ruine même si désert ! Une ancienne ferme séparée par un épais mur d'enceinte de pierres et de torchis sur une hauteur avoisinant trois mètres ! A l'est, deux portes cochères encadrent un vieil hangar et au sud, un second qui paraît être moins vulnérable, ce sera ce hangar que le capitaine Danjou choisira pour abriter ses légionnaires... L'aménagement en forteresse de survie va se poursuivre le temps que Milan rassemble ses fantassins, des brèches sont creusés sommairement et à la hâte , meurtrières et créneaux, les portails sont cloitrés par de lourdes barricades récupérées ça et là dans l'enceinte de la grange. Une large brèche est rapidement colmatée. En face, derrière ce mur protecteur, les 800 cavaliers de Milan attendent l'ordre d'attaquer...

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Cet ordre ne viendra pas encore...Milan tente de raisonner les légionnaires en leur envoyant un émissaire en la personne de son lieutenant Ramon Lainé et leur offrir une reddition honorable.  Le sergent Morzycki, perché sur un toit en éclaireur, vient rendre compte au capitaine Danjou, du message intercepté, ce à quoi le capitaine répond..." Pas question !"

Le temps pour le colonel Milan d'analyser rapidement la réponse, il fait intervenir, quelques minutes après les cavaliers mais à pied, ces derniers s'étant débarrassés de ces gros éperons gênant pour une attaque de fantassins ! Bien que mortellement blessé, l'attaque mexicaine est un échec ! Le capitaine s'était assuré après sa réponse que ses hommes prêteraient serment de ne pas se rendre, même si tous devaient en mourir ! Tous ont prêté serment sans discuter !

Il est 11h00 du matin, la 3ème Cie résiste contre les attaques depuis déjà trois heures, et  les munitions manquent sérieusement, les vivres et l'eau ne sont plus, hélas, depuis que les mulets porteurs d'eau et de vivre, se sont enfouis dès les premières salves, se fondant dans la nature. En face, l'effectif en hommes s'amplifie avec l'arrivée des trois bataillons d'infanterie attendus par le colonel Milan !

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Ce dernier va pourtant tenter de calmer les ardeurs, voyant la détermination des légionnaires sachant qu'il les fera tous massacrer, cette boucherie, il n'en veux pas ! Aussi l'émissaire s'en va porter le message demandant à la Légion de se rendre ! Les hommes valides répondront sèchement ce mot que l'on prête au général Cambronne en réponse aux Anglais, à Waterloo  le 18 juin 1815, "La Garde meurt mais ne rend pas ! Merde "! C'est aussi ce qu'aura répondu les légionnaires comme eux aussi aurait pu dire "la légion meurt et ne se rend pas " Mais le seul mot "merde" suffisait à lui seul, pour comprendre cette détermination des braves !

Entre temps, les Mexicains se sont infiltrés dans l'hacienda et tuent à bout portant les légionnaires, blessés exténués, à court de munitions et de nourriture, incendient ce qui est à portée des légionnaires et se retirent, fiers sans doute du travail accompli !

C'est proprement dit un carnage et si victoire il y a , elle n'est pas honorifique chez les Mexicains et pour Milan qui se couvre de honte s'il continue cette boucherie...Le sous-lieutenant Vilain est tué à son tour, il ne reste plus que 12 hommes valides sous le commandement du sous-lieutenant Maudet et qui continuent à résister tant bien que mal !

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Il est cinq heures du matin !  Soudain, c'est l'accalmie, et les légionnaires entendent le colonel Milan s'adresser à ses hommes, leur disant qu'ils se couvriront de honte si 2000 hommes n'arrivent pas retenir une poignée d'hommes ! Aussitôt les mexicains montent à l'assaut décidés à en terminer avec les derniers hommes qui encore leur tiennent tête. 

C'est le corps à corps... Le sous-lieutenant Maudet est encore debout et répond à tous les coups, avec lui ils ne sont plus que quatre...le caporal Maine, et trois légionnaires, Catteau, Constantin et Wenzel qui tireront leurs dernières cartouches et obéiront aux ordres du sous-lieutenant Maudet en chargeant à la baïonnette. Le lieutenant Maudet s'écroule touché par deux balles alors que Catteau se jetait sur lui faisant bouclier...Catteau fut à cet instant percé de 19 balles ! Les trois derniers légionnaires sont cette fois prêts à donner leur vie pour leurs chefs, pour la Légion étrangère, pour leur famille, et pour la France !  L'ennemi est devant eux, les cris de leur colonel raisonnent encore dans leur tête, oui ! ils veulent en finir avec ces derniers hommes qui les couvrent de honte... les canons des fusils sont pointés prêt à donner "les derniers sacrements"... 

Un colonel pourtant  entrera dans l'hacienda, figé devant les 3 légionnaires et leur demandera de se rendre avec l'espoir qu'ils accepteront cette fois, ce spectacle à ses yeux est plus que navrant et il ne désire plus continuer sa mission dans une telle situation...il n'ordonnera pas à à l'émissaire, ni à quiconque de ses soldats de faire ce qu'il doit faire en personne..." Rendez-vous !"...

Les légionnaires répondent :" Nous nous rendrons si vous nous promettez de soigner nos blessés et si vous nous laissez nos armes !" Les armes effectivement, pointent encore de leurs baïonnettes celui ou ceux qui auraient encore dans la tête l'idée de les tuer. La réponse sonnera comme un coup de clairon "On ne refuse rien à des hommes comme vous!" répond le colonel Combas, qui va jusqu'à escorter les légionnaires rescapés devant le colonel Milan. Ce dernier n'ayant pas pris part à la bataille, aux charges, n'avait effectivement rien vu de ce qu'il en était, il s'étonne et dit:

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"C'est tout ce qu'il en reste ?"

Na sachant pas quel pouvait être l'effectif qu'il avait à combattre. Puis, Il ajouta dans sa langue : " Pero non sun hombres, sun demonios !", inutile de traduire, nous avons tous compris !

Les hommes du 3ème Etranger ont tenu leur parole, de plus il sauront évité que le convoi tombe entre les mais des rebelles ! Cette bataille s'inscrit non pas comme une défaite mais une victoire au sein de l'armée française  !

Les Mexicains n'oublieront jamais le sacrifice de ces hommes et feront élever en 1892, un monument à leur honneur portant l'inscription pré-cité dans la page précédente, à l'honneur d'un régiment de la légion étrangère, le 3ème Régiment étranger !

 

Chaque année dans l'institution de la légion étrangère, dans tous les régiments de France et Outre-mer, sur les champs de bataille même, le 30 avril , jour de Camerone sera fêté par les légionnaires du monde entier !

La main de bois du capitaine Danjou retrouvée sur le champ de bataille de Camerone sera rendue par les Mexicains à la France, qui la remettra  elle-même à la Légion Etrangère !

 

La main de bois du capitaine Danjou est une relique qui, le 30 avril chaque année, sera portée par un légionnaire, ou un ancien choisi par l'institution en hommage à son dévouement, ses actes pour services rendus !

La guerre du Mexique, continuera durant quatre années dans lesquelles, la Légion étrangère s'illustrera encore dans plusieurs engagements, elle s'exécutera même si cette guerre ne sera pas concluante... Ce sera à partir de 1865 après la guerre de sécession, que les Américains en vainqueurs se tourneront vers le Mexique. En effet, ces voisins n'aiment pas trop qu'un Empereur les côtoye  et dirige,  ce qu'eux peuvent diriger ! Les Républicains sont en accord avec cette idée de ne mettre au pouvoir, ni Empereur, ni un Européen Benito Juarez est soutenu comme la bourgeoisie qui elle s'attaquera aux indiens qui n'ont de solution que se rallier à l'Empereur Maximilien. Rien n'avance, cette guerre n'intéresse personne, les Américains s'en détournent.

 

En Europe, tout va mal depuis que l'Autriche à maille à partir avec la Prusse...

Napoléon III décide que l'armée française doit quitter le Mexique; et la Légion regagnera L'Algérie en mars 1867 !

Le bilan de ce guerre du Mexique se comptera ainsi: Vomito nero et morts au combat : 

31 officiers ,  1917 sous-officiers et légionnaires . La chute de l'Empire s'ouvrira sur la 3ème République, ce qui impliquera la Légion sur maints champs de bataille !

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