L'ALGERIE FRANÇAISE

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LE MASSACRE DE BENI OUDJHANE 1956

beni oudjhane.

Sur ce lien partagés ci-dessu, j'ai cherché, et je viens de trouver le témoignage flagrant de ce massacre sans nom, en revanche, j'ai également retrouvé la photo, partagée d'ailleurs par ce témoin qui suit les tueurs à la trace, ces gens d'après lui se retrouvent chaque année dans une association d'anciens, cette association sans le vouloir se red complice à moins qu'elle soit au courant qu'elle héberge des tueurs... Le capitaine "Baraka JIm" s'appelle Volterre d'après le témoin

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La guerre d'Algérie n'a pas été des plus tendres, tant avec les Européens , tant avec les musulmans, et il est un fait que même lorsque l'on est un Français d'Algérie, si l'on se doit au devoir de mémoire, l'on se doit également à celui de la vérité ! Cette vérité qui longtemps s'est cachée, et qui, finalement se dévoile ! Les langues jusque là cousues se délient !

C'est la raison qui me pousse à écrire cet article sur "le Massacre de Beni Oudjehane"!

Le 11 mai 1956, l'armée française s'est couvert de honte avec le 4ème BCP qui s'est "brillamment" illustré dans un combat , mais dans un génocide, un crime contre l'humanité...

Aux alentours de la presqu'île  de Collo, à quelques kilomètres de El Milia se trouve un village, de quelques 300 âmes , rebelles ou non ? La question ne se pose pas ! Suivant un communiqué officiel (vous savez...ces communiqués où les médias et les gouvernements vous font croire à tant de choses qui n'ont pas lieu d'être...pourtant ces communiqués suivent leur petit bonhomme de chemin...ne sommes-nous pas encore et toujours en confinement, parce... qu'un communiqué officiel...) Bref ! je ferme cette parenthèse.

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Donc le "communiqué" annonce, que 79 hommes du hameau de Beni Oudjehanne sont des rebelles du FLN...

S'engage alors un combat violent allant jusqu'au corps à corps.., C'est justement ces derniers mots, qui me, font penser que ce communiqué est faux... Le combat au corps à corps est le dernier espoir quand les munitions manquent ou simplement quand il n'y pas de munitions, et l'on tente de sauver sa vie, en ce cas oui ! Il y a combat au corps à corps!

Un tué et un blessé pour les chasseurs du 4ème BCP, en revanche ces derniers ont tué 79 "rebelles" !

A chaque communiqué officiel, les journaux sont toujours présents pour affirmer, confirmer et recueillir le témoignage qui suffira à ne pas amplifier l'affaire.  Donc , le lendemain, en grand titre sur le journal de "La Dépeche"... Un fait de guerre...

 

" Alors qu'elle effectuait une opération de contrôle dans la région d'El Milia, une section de parachutistes a été attaquée par une bande rebelle appuyée par la population. Le combat a été très violent, allant jusqu'au corps à corps. Les militaires on eu un tué et un blessé. 79 rebelles  ont été abattus". La Dépêche" insiste sur le fait que le capitaine surnommé "Baraka Jim", commandant le 4ème BCP a été décoré de la Croix de la valeur militaire pour ce haut fait d'armes ! 

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Pour l'historienne Claire  Mauss-Copeaux ce "fait d'armes" n'est pas convainquant, aussi fera t-elle une enquête à la recherche de témoignages et d'éventuels témoins en 2013. L'historienne rencontrera un ancien du 4ème BCP ainsi qu'un instituteur Algérien de la région d'El Milia, parmi la dizaine de témoins...

 

Tous trois sont bien décidés à remettre les pendules à l'heure concernant ce combat mais surtout concernant l'assassinat de 79 personnes perpétré le 11 mai 1956..

D'après les témoignages recueillis au travers de son enquête, ceux-ci montreraient que l'histoire est toute autre.

Le 8 mai de cette année, un groupe de combattants Algériens de l'ALN  attaquent une unité de l'armée française dans la région d'El Milia, aucun blessé, ni morts des deux côtés. La riposte ne se fait pas attendre et le haut commandement intervient, intimant l'ordre aux unités militaires de ratisser les environs, de retrouver les rebelles.

Le 4ème BCP est cantonné à El Ancer, près du hameau de Beni Oudjehanne.

 

C'est l'Aïd-el-Fitr , la fin du Ramadan.

Aujourd'hui cette fête est célébrée le 24 mai...

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Une jeune fille seule s'en va jusqu'à la source pour y puiser de l'eau, elle se fait héler par un soldat du 4ème BCP , décidé vraisemblablement à la monter, la violer. La jeune fille se débat et pousse des cris jusqu'à alerter le village... Son père dès lors, se rue sur le militaire et s'ensuit une bagarre...

Les cris,  s'ils ont su alerter le village et le père de la jeune fille, ont aussi alerté les hommes de la colonne qui ne fait pas de détails et tuent à bout portant le père.

En tirant une pluie de balles, certaines atteignent le père qui s'écroule et le soldat qui lui, est mortellement blessé...

Les nombreux et différents témoignages recueillis, annonceront que des représailles eurent lieu séance tenante. Les Français du 4ème BCP, en commun accord, décident d'assassiner 79 hommes sur les 300 habitants du village ! Pourquoi avoir laissé autant de témoins potentiels, ne tuant que 79 hommes ? Etaient-ils si sûrs d'eux, se savaient-ils couverts par le haut commandement et par leur capitaine "Baraka Jim" qu'ils ne pensèrent même pas à rayer de la carte ce village ?

 

Après l'indépendance de l'Algérie, les restes des victimes furent ensevelis dans le cimetière du village .Mais qu'en est-il des 221 survivants , hommes, femmes et enfants ?

"Miroir ! mon beau miroir, suis-je le plus beau? "Baraka Jim" qui se cache sous ce pseudo ridicule, sait-il se regarder le matin dans le miroir, ces enfants savent-ils que cette médaille militaire qu'il arbore et dont il en fait des cas, n'est en fait qu'un tissus de mensonges et une honte pour sa famille et ses descendants ! Si tu me lis, que tu n'es pas mort, tu as assez d'éléments pour venir me contacter, il est grand temps que tu saches que tu existes car depuis ce 8 mai 1956, tu n'es rien ! Ce n'est pas l'armistice pour toi !

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Nous le savions, c'était le jour de l'Aïd... Une foule de musulmans est venue au Djemaa (Mosquée) pour faire sa prière. L'armée française s'est rendue dans la mechta, encerclant les lieux, fouillant les maison et arrêtant les gens présents dans la mechta. Tous furent ainsi emmenés y compris les hommes qui étaient chez eux, toutes les personnes arrêtées vont être accompagnées sur Demma di l'Ballout situé au nord-est de Beni Oudjehane, les soldats les firent aligner, puis les fusillèrent !

 

Peut-être et sans doute, il y avait-il des combattant s de l'ALN, infiltrés, mais des dizaines d'innocents ont été exécutés...

 

Pourtant, trois rescapés sortirent indemnes de ce massacre, l'un avait 16 ans à l'époque, il avait été laissé pour mort, en réalité, il n'était que blessé ! Deux autres personnes plus âgées, se trouvaient dans l'alignement, près de l'officier, on suppose le fameux capitaine "Baraka Jim", l'homme invisible, celui qui ne fait jamais entendre parler de lui, sauf pour raconter ses exploits, ceux dont ils rêvent chaque jour...

 

Donc cet officier donne ordre de tirer en s'adressant à ses hommes, leur conseille de tirer à la tête...

L'un des plus âgés et rescapés, connait la langue française, il se penche rapidement sur son camarade lui chuchotant de se pencher dès qu'ils seront mis en joue, puis de se jeter dans ls buissons dans la foulée ! " Les hommes alignés restant se trouvent pres de ceux quin se sont jetés dans les buissons, ils suivent le mouvement...Ce qui laisse entendre, qu'il aurait du y avoir des témoins de la situation, pourquoi donc ne se sont-ils jamais manifestés ?

 

Cette témoin ajoute" l"un des deux est mort il ya 20 ans, l'autre est mort il doit y a voir 8 à 9 ans, on suppose qu'elle désigne les premiers des rescapés, ceux qui se sont baissés et jetés dans les buissons ! Je poursuis...

Quand la boucherie eût lieu, les cris des femmes et des enfants résonnèrent dans tout le village situé non loin du lieu du massacre.."Demma Dil'ballout", aux hurlements des femmes et des enfants, les soldats se sont rués dans les maisons proches du lieu du massacre...

 

Dans l'une d'elles qui appartenait à Monsieur Soufi Saad et l'autre à Monsieur Laassel Mohamed; les militaires assoiffés de sang et en rut pour l'un d'entre eux ont envoyé une pluie de balles sur les six membres de la famille de Monsieur Soufi !

 

Après le massacre dans la même maison, on découvrait une fillette de 6 mois qui allaitait encore, sa maman avait été tués sur le coup, le sein était encore dans bouche du bébé.

 

Une troisième maison a été visitée, les habitants de cette maisonnée, s'étaient cachés à l'exception d'une femme et un enfant de 10 ans. La femme est morte sur le coup, l'enfant blessé. Aux abords de cette maison, les soldats qui ratissaient les lieux ont de nouveaux tué d'autres hommes.

 

Enfin quand ce fut l'heure de se retirer, ls soldats amenèrent avec eux une dizaine d'hommes, puis un peu plus loin des mechtas, les descendirent près de l'oued El-Kebir ;

Voici ce qu'ajoute ce même témoin:

 

" C'était les faits et le "courage" de l'ARMÉE FRANCAISE devant un ennemi imaginaire, dans des combats mensongers, pour chercher une gloire sur le papier du journal "La Dépêche de Constantine", car le lendemain du massacre de Beni Oudjehane, ce journal publia "la gloire" de cette armée criminelle et, en gros, sur sa première page " 92 rebelles abattus dans la région d'El Hanser !"

Il est aisé maintenant de comprendre qu'il fallait se débarrasser de tous les témoins, mais alors était 79 hommes, ou 92 hommes qui auraient été massacrés ou le village tout entier excepté ces deux ou trois témoins depuis, décédés ?

Est-il à ce point difficile de retrouver photos, vidéos, et articles du journal de l'époque "La Dépêche" ? Oui ! Naturellement quand les mensonges se sont bousculés au portillon, on le ferme à double tour ! Google étant mon "ami" je vais tenter de peaufiner cette page avec ce que j'aurais pu recueillir de cette fatle journée du 8 mais 1956 . Il est inutile de poster ici un régiment déshonoré hier qui depuis a redoré son blason dans de vrais faits d'armes ! Honneur donc au 4ème BCP !

Rien sur Google, aucune photo, c'est le silence, le même qui a régné sur Bamiléké une village que De Gaulle avait fait rayer de la carte ! Tentez de percer le secret longtemps gardé, mais accrochez-vous et persistez pour découvrir ce qui, longtemps à été tu ! Les médias ne perleront jamais !  Je viens de retrouver quelques témoignages je vous les livre brut de brut, cependant...voici le lien de la source sans doute tarie, puisque de 2011 .

http://elancer-dz.over-blog.com/article-que-s-est-il-passe-a-beni-oujhane-le-11-60219832.html

Articles tirés du site ci-dessus

Les anciens soldats français de la 4eme Bcp( Les criminels qui ont commit le massacre de Beni Oudjehane, Algerie 1956 ) se préparent à des retrouvailles qu'ils ont l'habitude de féter chaque année dans une des communes française, et cela depuis 1996 , Ils mangent, boivent, dansent, et parlent de leurs "glorieux" passé, pendant la guerre d'Algérie. Devant leurs femmes ou leurs enfants, ils évoquent leurs "courage" et leurs "bravoure" face à l'ennemi de l'époque : les FELLAGAS!! Leurs femmes sont heureuses de leurs maris, elles sont comblées de joie et de fierté !! Les pauvres femmes..., elles ne savent pas que ces soldats de la 4eme Bcp leurs cachaient leurs vrais visages de bourreaux, et de criminels et cela depuis exactement soixante ans .Cette année, les retrouvailles se dérouleront dans la commune de Marcillac ( Gironde) les 21/ 22 / 23 juin 2016. Mais avant vos retrouvailles, on n'aime bien rafraichir la mémoire à ces criminels de la 4eme bcp.

 

En Mai 1956 cette 4eme Bcp étaient en Algérie, dans la localité d' El Hanser près d' El Milia. Le 11 de ce mois , le capitaine Rousseau et son lieutenant Bruno Roux (devenu Général de l'armée française!!), et avec les autres compagnies stationnés aux environs, tous se dirigeaient vers la localité d'Oudjehane ,deux kilomètres à l'Est d'El Hanser . Les gens d'Oudjehane se préparaient à feter la fin du mois de ramadan ( l'Aid El Fitr, la plus grande fete religieuse musulmane) .Les soldats français de cette 4eme Bcp arrivaient au mechta Oudjehane pour combattre " l'ennemi " , mais cette fois, c'était " l'ennemi" civil , il n'y avait pas de fellagas... Le lendemain, La Dépèche de Constantine parlait de "79 rebelles abattus près d'El Hanser" !! La verité, c'etait un massacre pure et simple, prémédité par les responsables de cette 4eme Bcp ,un massacre d'une atrocité jamais connu dans la région avec parmi les 79 victimes : six vieillards, dix femmes, et onze enfants parmi eux 3 bébés l'un d'eux retrouvé mort, la mamelle de sa mère morte... dans sa bouche !

 

Ce massacre d'Oudjehane n'était que le premier d'une série de six massacres perpétrés par cette 4eme Bcp.

le deuxième massacre le 10 juin 1956 au marché d' El Hanser, bilan entre 40 et 50 civils tués .

le troisième massacre le 20 aout 1956 à Aziar( 6 km à l'ouest d'El Hanser) bilan 11 civils ( parmi eux dix vieillards )

le quatrième massacre le 30 septembre 1956 à Béni Meslem ( 3 km au nord d'El Hanser) en 45 jours de couvre feu 52 civils tués dont 10 personnes portants un drapeaux blanc abattus à l'entrée sud du village d'El Hanser et deux hommes brulés vifs dans un gourbis et devant les regards des soldats

e cinquième massacre début janvier 1957 à Ouled Aouat ( 3 km à l'est d'El Hanser sur la route d"El Milia ) bilan six civils assassinés près de l'Oued El Kebir

sixième massacre janvier 1957 ( à El Hanser près de l'Oued Irdjana ) bilan 15 civils originaires de la tribu des Ouled Aouat

Voici le " courage" et " la bravoure" des soldats et responsables de la 4eme Bcp. il n'y a pas plus simple et plus lache que de tuer des civils sans armes avec sang froid.

Votre "héroisme" , vous pouvez toujours continuer de le raconter à vos pauvres vieilles femmes innocentes à qui vous aviez caché vos vrais visages de criminels de guerre. Vous pouvez toujours boire et manger pendant vos retrouvailles, mais, n'oubliez pas de regarder dans vos verres ou vos plats, peut étre vous trouverez le sang ou la cher de vos victimes innocentes. Vous pouvez toujours danser pendant vos retrouvailles, mais n'oubliez pas de regarder là ou vous mettez vos pas, peut etre vous dansez sur les cranes de vos victimes et vous risquez de tomber !

Vous vous étes enfui pendant soixante ans de la vérité qui vous poursuit, mais hélas! elle vous a rattrapé, et elle lève le rideau sur vos crimes et vos massacres, les ames des victimes viendront vous visiter pendant votre sommeil, et vous diront : pourquoi vous nous aviez tué ? Vous savez bien que nous étions innocents.

Le criminel restera criminel, la preuve : Regardez en face de vos siens si vous en aviez le courage!!

 

Pour plus d'informations:

Le livre de l'histirienne Claire Mauss Copeaux: La Source, Mémoires d’un massacre, Oudjehane, 11 mai 1956 Payot & Rivages, 2013( france) . et maison d'edition Media Plus 2015 en Algerie

D'autres liens:

http://ldh-toulon.net/Claire-Mauss-Copeaux-face-au.html

http://www.liberte-algerie.com/dossiers/massacre-de-tous-les-males-du-village-doudjehane-a-jijel-225271/display/true

http://ldh-toulon.net/autour-de-la-tuerie-d-Oudjehane.html

Ce travail de l’historienne avec les vétérans d’Algérie est difficile, car la parole leur fut « confisquée [5] » pour toute une série de raisons. « Il vit avec sa mère. Sa fille habite à côté. Il fait des cauchemars. Il revoit la mechta, revoit tout. De ce jour-là personne ne veut parler. J’ai vu un psychiatre. J’ai dit tout ce que je pouvais dire, mais l’essentiel non. Insupportable. A vous aussi je n’ai pas tout dit. On a tous vu, les uns et les autres, là où chacun se trouvait. Chacun a vu, chacun sait ce qui s’est passé à Oudjehane ». Ils savent beaucoup de choses sans vouloir les révéler. Ils craignent beaucoup de choses. C’est pourquoi l’art aiguisé de l’enquêtrice et son acuité à appréhender les silences et les détails qui peuvent passer pour anodins, permettent une lecture en creux des témoignages. Peut-être même le souhaitent-ils ? Les non-dits des vétérans sont aussi parlants que ce qu’ils pourraient révéler. Le fait d’avouer qu’on n’a pas tout dit, et de le faire de manière émouvante et répétitive, est plus éloquent qu’un aveu direct, car s’y ajoute une dimension affective forgée par le temps, et qui n’existait pas à l’époque. CMC a-t-elle peut-être pensé, au terme de son enquête, que son livre était fait autant pour les vétérans-victimes que pour les Algériens-victimes oubliés et leurs descendants, puisque tous ceux qui n’ont pas encore pu faire le deuil restent des victimes ? Et que les vétérans, aussi, ont pu être oubliés ? Cet exercice d’historien produit un discours événementiel indispensable, tout en rendant compte de la psychologie de ces témoins lourds de sens que sont les anciens d’Algérie. C’est une prière que Nour, le compagnon de recherche algérien, leur adresse : « Déposez votre fardeau et libérez votre mémoire ».

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HuffPost Algérie | Par Ghada Hamrouche

La repentance n'avance rien peut-être mais la reconnaissance des crimes coloniaux est indispensables autant pour les victimes que pour leurs bourreaux. C'est la conclusion à laquelle est arrivée la chercheuse en histoire Claire Mauss-Copeaux.

Invité du SILA, la chercheuse a concentré son intervention sur l'objet de ses dernières recherches. "La source. Mémoires d’un massacre : Oudjehane, 11 mai 1956". La chercheuse entame son travail de presque rien. Une rencontre avec un soldat qui était rattaché au bataillon qui a mené cette cette expédition.

Face à son ordinateur, André, car c'est de lui qu'il s'agit, n'arrive pas à se débarrasser de ce doute persistant: ses copains ont-ils perpétré un massacre il ya bientôt 60 ans? A L'autre bout de la méditerranée, un jeune enseignant d'El Ancer, près d'El MILia accepte d'en parler avec cet ancien soldat de l'armée coloniale.

Claire Mauss-Copaux se joint au duo et tout s'enclenche.

La Source, dernière recherche de Mauss-Copeaux relate un événement précis de la guerre d’indépendance algérienne : le massacre de soixante-dix-neuf personnes (hommes, femmes et enfants) à Oudjehane, village de la presqu’île de Collo, à proximité d’El Milia, commis par le 4e bataillon des chasseurs à pied (BCP) le 11 mai 1956.

A Oudjhane "il n'y a jamais eu d'insurrection. Il n'y a jamais eu d’embuscade, ni de règlement de compte; Alors qu'est ce qui expliquerait cette horreur? ", s'interroge l'auteur en présentant son livre au SILA. "Bien sur que rien ne justifie ces crimes coloniaux ni les expéditions punitives mais les gens ont besoin de comprendre. J'avais aussi ce besoin : pourquoi Oudjhane? Pourquoi mai 1956?" a expliqué Claire Mauss Copaux.

Comme pour ses travaux antérieurs, l’auteure s'appuie sur des sources orales. Elle s’intéresse d’abord à l’établissement des faits. Ce 11 mai 1956, jour de l’Aïd es-Seghir qui clôture le mois de ramadan, qu’est-il donc arrivé aux gens d’Oudjehane ?

Dans le journal La Dépêche de Constantine du 12 mai il s’agit d’un "Brillant succès des forces de Pacification" : "Alors qu’elle effectuait une opération de contrôle dans une mechta du douar d’El Anceur, une section de parachutistes a été attaquée par une bande rebelle appuyée par la population. Le combat a été très violent, allant jusqu’au corps à corps. Les militaires ont eu un tué et un blessé, 79 rebelles ont été abattus."

Dans ces récits il y a au moins un point dans ce récit qui saute immédiatement aux yeux de ceux qui ont l’habitude de parcourir ces documents : l’absence d’armes récupérées sur les "rebelles".

 

C’est ce qu’a remarqué aussi André, un appelé du 4e BCP, resté ce 11 mai au poste : "Les copains sont rentrés d’opération. Ils n’ont rien dit. Quand j’ai lu La Dépêche de Constantine le surlendemain, quand j’ai vu qu’aucune arme n’avait été récupérée, j’ai tout de suite pensé à un massacre"

Farfouillant dans les archives militaires français, Claire Mauss-Copeaux, entrecroise écrits et témoignages des descendants des victimes pour faire la lumière sur ce sinistre événement. Un réel apport de connaissance historique sur un événement méconnu jusque-là. L'auteure ne manque pas de souligner son incapacité à établir une chronologie infaillible des faits. "On ne saura probablement jamais si le coup de feu qui a tué le soldat français (vraisemblablement un accident) a précédé ou plutôt suivi le massacre", explique-t-elle au cours de sa conférence.

En élargissant ses recherches, elle parvient à inscrire le massacre d’Oudjehane dans une série de six massacres accomplis par le 4e BCP au cours de l’année 1956. Apparaît ainsi la rationalité sous-jacente à ces massacres, qui "n’étaient pas des accidents mais des “opérations” extrêmes, intégrées dans le système répressif mis en place par les autorités militaires et couvertes par les autorités politiques".

Mauss-Copaux rappellera que les chefs militaires n'arrivait toujours pas à digérer le fait que Zighoud Youssef, chef militaire de la région et organisateur de l’insurrection du Nord-Constantinois du 20 août 1955, n'avait été ni capturé ni tué. Chose qui aiguisait la haine et rendait la répression plus féroce.

L’originalité du travail de la chercheuse française, comme l'a souligné l'historien algérien Fouad Soufi, est que pour la première fois, auteurs et victimes avaient des noms et des visages. "Une reconstruction minutieuse de faits qui éclaire sur l'ampleur de la répression menée par l’armée française en Algérie et sur les formes de violence déployées au quotidien notamment envers les femmes".

Cette reconstitution des faits est aussi une étude originelle des mémoires du massacre, celles des gens d’Oudjehane qui l’ont subi et celles des vétérans français.

L'auteure met en relief la différence entre les mémoires des vétérans français et celles des villageois d’Oudjehane. Si les uns s’accrochent majoritairement "comme des noyés à la planche" à une posture de "faux amnésiques", les survivants du village "se souviennent du 11 mai 1956 et tiennent à s’en souvenir".

Leur mémoire est "vivante", écrit Claire Mauss-Copeaux dans son livre édité en Algérie par Media-PLus, alors que celle des vétérans est souvent "morte", fossilisée dans les rituels des rencontres entre ceux qui ont fait la guerre d'Algérie. Faire parler les uns et les autres relevait du véritable exploit.

"Doukha et Aziza, restées seules avec l’historienne", vont finalement livrer leur histoire. Celle des violences endurées mais aussi celle de leur naissance à la politique. C’est à elles, que Mauss-Copaux a dédié ses recherches.

Et c'est à elles qu'elle a rendu hommage au terme de sa conférence à Alger.

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